Pour faire simple, deux cas de figure se présentent généralement pour l’exploitation de chambres d’hôtes ou de gîtes : soit il s’agit d’une activité occasionnelle, soit il s’agit d’une activité régulière. Mais avant même cette distinction, un autre facteur détermine le régime fiscal applicable : la nature de l’activité elle-même. L’imposition des revenus issus de la location de chambres d’hôtes ou de gîtes ne suit en effet pas le même régime.

L’activité de chambre d’hôtes relève du régime des bénéfices industriels et commerciaux, ou BIC (sauf pour les agriculteurs sous certaines conditions), tandis que celle de gîte appartient au régime de la location meublée. Cette différence n’est pas un détail administratif : elle entraîne des seuils, des obligations et des démarches distinctes, qu’il convient de bien identifier avant de se lancer.

Pourquoi la chambre d’hôtes et le gîte ne suivent pas le même régime fiscal

À la différence du gîte, l’activité de chambre d’hôtes comporte des prestations de services : petit déjeuner, nettoyage régulier des locaux, fourniture de linge de maison, par exemple. Cette dimension de service fait basculer l’activité dans le régime fiscal de la parahôtellerie, et non dans celui de la location meublée. C’est cette prestation de services qui fait toute la différence aux yeux de l’administration fiscale.

Le gîte, à l’inverse, ne propose généralement pas ce niveau de services : le voyageur loue un logement meublé, sans accompagnement quotidien de l’exploitant. Il relève donc du régime de la location meublée, avec ses propres règles.

Imposition des revenus de chambres d’hôtes

Un rappel juridique utile : la notion de commerçant

L’article L123-1 du Code de commerce, dans sa version en vigueur depuis le 5 juillet 2024, prévoit qu’« il est tenu un registre du commerce et des sociétés auquel sont immatriculés, sur leur déclaration : 1° Les personnes physiques ayant la qualité de commerçant, même si elles sont tenues à immatriculation au registre national des entreprises […] ». Autrement dit, une personne physique exerçant une activité commerciale de façon habituelle doit s’immatriculer au registre du commerce et des sociétés (RCS).

L’article L121-1 du Code de commerce définit les commerçants comme « ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle ». La notion d’habitude est essentielle : des actes isolés ne suffisent pas à conférer la qualité de commerçant.

Puisque l’activité de chambre d’hôtes relève du régime fiscal de la parahôtellerie, et non de celui de la location meublée, les revenus qu’elle génère doivent être déclarés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Lorsqu’elle est exercée de façon habituelle, donc déclarée au RCS, l’activité de chambre d’hôtes peut relever de l’un des régimes suivants :

  • le régime de micro-entreprise, prévu par l’article 50-0 du Code général des impôts ;
  • le régime réel d’imposition, normal ou simplifié ;
  • le régime du bénéfice agricole, pour un agriculteur, sous certaines conditions.

Pour rappel, les BIC, ou bénéfices industriels et commerciaux, sont les bénéfices réalisés par des personnes physiques exerçant une profession commerciale. C’est cette catégorie qui s’applique par défaut à l’activité de chambre d’hôtes.

Imposition des revenus pour les gîtes

Le régime des locations meublées distingue deux statuts : la location meublée non professionnelle et la location meublée professionnelle. La frontière entre les deux repose sur des critères précis, et non sur une simple appréciation de l’exploitant.

Régime des locations meublées non professionnelles

Les revenus issus de cette activité sont considérés comme provenant du patrimoine de l’exploitant plutôt que d’une activité professionnelle. C’est ce qui rend ce statut particulièrement adapté à la location de gîtes : avec le statut de loueur non professionnel, les démarches de création d’activité restent simplifiées.

La qualité de loueur non professionnel, correspondant à une activité occasionnelle, est reconnue dès lors qu’au moins l’une des conditions suivantes est remplie :

  • les recettes annuelles tirées de cette activité par l’ensemble des membres du foyer sont inférieures à 23 000 euros TTC ;
  • ces recettes sont inférieures au montant total des autres revenus d’activité du foyer fiscal (salaires, autres BIC, etc.).

Les revenus provenant de la location meublée pratiquée occasionnellement sont eux aussi imposables dans la catégorie des BIC. Selon le niveau des revenus locatifs dégagés, l’exploitant peut choisir entre le régime micro-BIC et le régime réel d’imposition. En revanche, dès lors que cette activité est exercée à plein temps, le choix d’un statut juridique devient obligatoire pour déclarer les revenus issus de la location.

Régime des locations meublées professionnelles

La qualité de loueur professionnel, correspondant à une activité régulière, suppose que les deux conditions suivantes soient réunies simultanément :

  • les recettes annuelles retirées de l’activité (total des loyers TTC, charges comprises) par l’ensemble des membres du foyer fiscal dépassent 23 000 euros sur l’année civile, y compris en cas de clôture d’exercice en cours d’année (le plafond est alors ajusté au prorata) ;
  • ces recettes sont supérieures au montant total des autres revenus d’activité du foyer fiscal (salaires, autres BIC).

Les revenus provenant de la location meublée professionnelle doivent être déclarés sous l’un des régimes suivants, selon la structure juridique choisie par l’entrepreneur :

  • impôt sur le revenu (IR), dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ;
  • impôt sur les sociétés (IS) ;
  • micro-entreprise, si le chiffre d’affaires hors taxes reste sous les seuils détaillés ci-dessous.

Les seuils micro-BIC 2026 : ce qui a changé depuis la réforme

C’est le point sur lequel la vigilance doit être la plus forte : ces seuils ont fortement évolué. Une réforme est intervenue avec la loi du 19 novembre 2024 (dite « loi Le Meur »), ajustée par la loi de finances du 14 février 2025. Le cas spécifique des chambres d’hôtes a ensuite été confirmé par le Conseil d’État dans une décision du 13 janvier 2026.

Pour bénéficier du régime micro-entreprise, le chiffre d’affaires hors taxes ne doit pas dépasser :

  • 83 600 € pour les meublés de tourisme classés et pour les chambres d’hôtes (seuil applicable aux revenus 2026 ; 77 700 € pour les revenus 2025), avec un abattement forfaitaire de 50 % ;
  • 15 000 € pour les meublés de tourisme non classés, avec un abattement forfaitaire de 30 %.

Le seuil des meublés non classés a été divisé par près de cinq par rapport à l’ancien montant (72 600 €). C’est le changement le plus important de cette réforme, et il concerne directement les gîtes qui ne bénéficient pas d’un classement en meublé de tourisme.

Ces seuils sont réévalués au moins tous les trois ans, la prochaine échéance étant fixée à 2029, et peuvent également être modifiés par une réforme ponctuelle, comme cela a été le cas fin 2024. Le montant exact applicable dépend donc de l’année des revenus concernés : vérifiez systématiquement le seuil en vigueur sur impots.gouv.fr avant de vous engager sur cette base.

Au-delà de ces seuils micro-entreprise, l’exploitant bascule vers le régime réel d’imposition (normal ou simplifié), quel que soit son statut de loueur professionnel ou non professionnel.

Ce qu’il faut retenir avant de vous engager

Le régime fiscal d’une chambre d’hôtes n’est pas celui d’un gîte : la présence de prestations de services fait basculer la chambre d’hôtes vers la parahôtellerie et les BIC, tandis que le gîte reste, sauf exception, dans le régime de la location meublée. Les seuils qui déterminent l’accès au régime micro-entreprise ont été profondément modifiés par la réforme de 2024-2025, et ils continueront d’évoluer avec les réévaluations triennales. Avant toute déclaration ou tout choix de régime, il reste indispensable de vérifier le seuil et le taux applicables à l’année de vos revenus sur les sites officiels, plutôt que de se fier à un chiffre qui peut avoir changé entre deux exercices.

Pour aller plus loin sur les obligations réglementaires qui encadrent l’activité, notamment les conditions de capacité d’accueil et de sécurité, vous pouvez consulter notre article sur la réglementation applicable aux chambres d’hôtes, ainsi que notre guide des étapes pour créer des chambres d’hôtes ou des gîtes. Pour toute question personnalisée, contactez-nous.

Sources vérifiées

  • Légifrance, Code de commerce, article L123-1, version en vigueur depuis le 5 juillet 2024. Texte relu mot pour mot via Pappers Justice, miroir republiant le texte officiel du Code de commerce (l’accès direct à cette page précise de Légifrance a échoué à plusieurs reprises, erreur 403). URL canonique : legifrance.gouv.fr. Consulté le 24/08/2026.
  • Légifrance, Code de commerce, article L121-1, en vigueur depuis le 21/09/2000. legifrance.gouv.fr. Consulté le 21/08/2026.
  • Légifrance, Code général des impôts, article 50-0 (régime des micro-entreprises). legifrance.gouv.fr. Consulté le 21/08/2026.
  • Conseil d’État, 9e chambre, décision du 13 janvier 2026, n° 509207 (confirme le seuil de 77 700 € et l’abattement de 50 % pour les chambres d’hôtes pour les revenus 2025). legifrance.gouv.fr. Consulté le 21/08/2026.
  • impots.gouv.fr, « Les régimes d’imposition » (seuils 2025 : 77 700 € classés / 15 000 € non classés ; seuil 2026 de 83 600 € issu de la revalorisation triennale, arrêté du 27 janvier 2026, confirmé par recoupement de deux sources professionnelles indépendantes, non lu directement sur le texte de l’arrêté). impots.gouv.fr. Consulté le 21/08/2026.
  • Service-Public Entreprendre, fiche F32805, « Régime fiscal du loueur en meublé professionnel (LMP) » (seuil de 23 000 € confirmé inchangé). entreprendre.service-public.gouv.fr. Vérifiée le 21/02/2026.

Point non tranché à signaler : le taux exact de cotisations sociales et le taux de versement libératoire applicables spécifiquement aux chambres d’hôtes après la réforme n’ont pas pu être confirmés avec une certitude absolue sur une source officielle nommant explicitement cette activité. Ce sujet relève de l’imposition sociale, hors périmètre de cet article consacré à l’imposition fiscale ; il fera l’objet d’un article ou d’une mise à jour dédiée une fois ces points sécurisés.

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